Implantologie : bilan et perspectives au Congrès ADF 2017

Ces dernières années, l’implantologie a considérablement évolué. Responsable de cette discipline au sein du Comité scientifique, le Dr Hadi Antoun fait le point sur ces évolutions. Elles seront explorées au Congrès ADF 2017 à l’occasion de SÉANCES DÉDIÉES.

Comment avez-vous construit le programme dédié à l’implantologie ?

Dr Hadi Antoun : Je souhaitais m’adresser à l’ensemble des professionnels, des débutants aux spécialistes, en passant par les omnipraticiens qui pratiquent déjà l’implantologie. Mon deuxième objectif était de leur proposer un contenu scientifique prouvé et de faire appel à des conférenciers expérimentés, ayant la capacité de transmettre leurs connaissances. Ainsi, les congressistes pourront retrouver leurs cabinets avec des fondamentaux, des aspects pratiques et techniques sur lesquels ils pourront s’appuyer. 

À qui s’adressent ces séances ?

Certaines séances s’adressent à tous. J’ai voulu insister sur la prévention, par exemple, à travers la séance Prévention des maladies péri-implantaires (B35). De même, la séance Comment choisir son système implantaire (C70) répondra à une question que tout le monde se pose, compte tenu de la multiplicité des systèmes. Une autre problématique préoccupante sera abordée dans la séance Péri-implantites et surface implantaire : où en sommes-nous ? (D96) qui devrait éclairer sur ce sujet tout praticien pratiquant ou intéressé par cette discipline (lire l'article consacré à la séance D96 dans Clinic 2017 - 38 - novembre)

Une séance importante et animée sur le plan de traitement (A4) permettra également d’aiguiser les choix des praticiens face à des situations plus ou moins complexes dans les secteurs antérieurs et postérieurs et de leur donner la marche à suivre tout en confrontant plusieurs approches.

Un volet plus technique s’adressera davantage aux omnipraticiens avertis, comme la séance sur la Régénération Osseuse Guidée en pratique quotidienne (B37), qui sera accompagnée de TP. Ce sera l’occasion de découvrir cette approche et de commencer à la pratiquer ou bien d’approfondir certains points pour une mise à niveau des connaissances à travers des présentations et une mise en pratique.

La séance télévisée, Les clés du prélèvement rétro-molaire et de la reconstruction latérale (B17) sera une occasion unique de suivre une intervention en direct concernant un acte sensible techniquement mais réalisé dans le but de le rendre le plus accessible possible

30 ans après ses débuts, l’implantologie est devenue une discipline hautement spécialisée. Doit-elle aujourd’hui concerner tous les praticiens ?

Je crois beaucoup en la démocratisation de l’implantologie. On ne peut plus l’éviter dans notre pratique quotidienne. Certains praticiens ne souhaitent pratiquer aucun acte chirurgical et délèguent cette partie à des praticiens plus spécialisés pour reprendre la main avec la partie prothétique sur implants. Par contre, dès lors que la chirurgie fait partie des actes pratiqués, que l’on reçoit une formation adéquate et que l’on suit un protocole adapté, l’implantologie chirurgicale sur des cas simples n’est pas plus compliquée qu’une autre discipline.

Par la suite, en fonction de la fréquence clinique pratiquée et de la formation suivie par le praticien, il est tout à fait possible d’évoluer vers des actes plus pointus. Nous pourrons faire le point au cours de la séance 30 ans de recul et des milliers d’implants (D82) ou bien encore avec la séance Implantation et mise en charge immédiates ou différées, que choisir ? (A11). La séance sur La gestion du temps de cicatrisation en implantologie : considérations biologiques et prothétiques (C59) permettra de passer d’une forme d’empirisme sur les délais de cicatrisation établis il y a 30 ans vers des décisions plus scientifiques.

Pourquoi faut-il mettre à jour ses connaissances régulièrement, dans un domaine qui évolue rapidement ?

Il est déjà de notre devoir de mettre à jour nos connaissances acquises sur les bancs de la faculté ! Nous soignons des patients qui attendent de nous les soins qui correspondent aux dernières données acquises de la science.

Pour ce qui concerne l’implantologie, une partie de notre profession n’en a pas eu connaissance lors des études universitaires. Pour les plus jeunes, ils ont eu l’opportunité de l’aborder un peu comme les autres matières. Il est néanmoins essentiel d’entreprendre une formation soit universitaire soit à travers des sociétés savantes sur plusieurs cycles, en alternant avec la mise en pratique. Il existe d’autres formations aussi comme les formations continues ou les congrès auxquels participent des conférenciers nationaux ou internationaux. Enfin, la lecture des revues spécialisées ou bien encore plus récemment le suivi de formations sur le net avec des vidéos en ligne ou encore les forums d’échanges entre praticiens sont des outils essentiels pour être à jour dans sa pratique.

Quelles sont les perspectives de l’implantologie ?

L’un des axes intéressants aujourd’hui et dans le futur proche est celui des nouvelles technologies. C’est pourquoi j’ai choisi de consacrer une séance du Congrès ADF 2017 à la chaîne numérique (E118).

C’est une approche incontournable désormais, qui nous permet d’être plus précis, plus rapide et moins invasif. Ceci concerne le projet prothétique qui peut être numérisé pour passer ensuite par la partie chirurgicale comme pour la partie prothétique

Différentes solutions sont proposées pour le transfert des planifications numériques en bouche. Il existe deux grandes familles : la chirurgie assistée par ordinateur de façon statique à l’aide de guides chirurgicaux et la chirurgie dynamique assistée par ordinateur. La chirurgie statique comme dynamique permet une chirurgie mini invasive sans lambeaux ou bien avec des lambeaux moins étendus comparativement à la chirurgie à main levée.

Enfin la chaine prothétique peut être aujourd’hui entièrement numérisée ou presque, elle peut déjà même être anticipée dans un certain nombre de cas ; ceci commence par l’empreinte optique, pour se poursuivre par la conception et la fabrication numérique par ordinateur. Par contre, la finalisation de la partie cosmétique reste encore un travail artisanal qui fait appel aux talents des prothésistes dentaires.

Hadi Antoun

Dr Hadi ANTOUN
Membre du Comité scientifique 2017
responsable de la discipline Implantologie

Voir leS séances dédiées 
à l'implantologie


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