La prise de décision en endodontie :
je traite ou j’adresse ?

Il est plus facile d’être spécialiste/endodontiste que d’être chirurgien-dentiste omnipraticien. Car, si le dentiste généraliste est censé tout savoir faire, il ne peut pas tout faire. 

Lors de cette séance, nous avons voulu confronter deux praticiennes expérimentées, le docteur Marianne Franchi, omnipraticienne et le docteur Faouzia Boussetta, endodontiste. Les deux ont derrière elles plus de 20 ans de recul clinique.

Sous forme de discussion/échange, cette séance se veut interactive et réaliste. Les nombreuses situations cliniques présentées ont été gérées au cabinet, en collant à la réalité d’une pratique quotidienne que ce soit en omnipratique ou en pratique exclusive limitée à l’endodontie.

En endodontie, la prise de décision de (re)traiter ou non est peut-être l’étape la plus difficile et pourtant cruciale de la séance surtout face à un retraitement.
En effet, comment évaluer la difficulté technique d’une situation clinique ?  Quelle attitude thérapeutique adopter ?  

Pour exemple, lors du traitement d’une molaire sans réelle difficulté endodontique, cela peut se manifester par la prise en charge d’une ouverture buccale limitée ou un état d’anxiété extrême du patient.
Mais également, par la présence d’une parodontite apicale, d’un bris instrumental, d’une perforation ou d’une butée.  

Dans quelle mesure le pronostic va-t-il être impacté ? Que dit l’analyse de la littérature ? 

Est-ce que que « j’y vais ou je n’y vais pas » ? 

Si « j’y vais », quels sont les risques ?
Ai-je le
timing, l’expertise et le plateau technique nécessaires (aide visuelles, ultrasons, etc.) ? Car si, sur le plan médico-légal, le praticien n’a pas d’obligation de résultat, il a une obligation de moyens.
En effet, après avoir Déterminé le bon diagnostic, il faut Déterminer le pronostic afin de Déterminer la faisabilité.
A travers la règle des 3D, nous allons tenter d’appréhender et de répondre à toutes ces interrogations. Cela repose entre autres sur l’examen clinique, l’analyse fine des clichés bi ou tridimensionnels et le calibrage de l’agenda. 

Si « je n’y vais pas », que je décide de référer le patient, quelle stratégie d’information mettre en œuvre afin que notre patient adhère à la prise de décision ? 

Et quelle communication mettre en place avec notre confrère spécialiste ? 

Ainsi, le dernier point sera d’axer la réflexion sur la communication entre les différents protagonistes.
Celle-ci est basée sur une relation de confiance essentielle entre le patient et son dentiste traitant mais également entre les deux praticiens, centrée sur le patient afin qu’il n’y ait pas perte de chance. 

Car c’est sur cette collaboration bi ou tripartite que reposera la meilleure prise en charge du patient, le succès de la thérapeutique entreprise dans le respect du gradient thérapeutique.